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Mon père El Hadj Ali
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Mon père, Lhadj Ali
Longue vie à toi cher père, Lhadj Ali. Durant de longues années, tu as soigné les autres, avec abnégation, avec passion, avec une persévérance admirable, sans jamais t’énerver, sans jamais te plaindre de tant d’efforts.
Même lorsque des patients venaient te réveiller tard dans la nuit, tu acceptais de les recevoir à la maison; tu partais aussi souvent loin de chez nous, toujours la nuit, pour soulager les malades, parfois, je t'accompagnais, j'étais encore un tout petit enfant.
Infirmier, tu as été dans la place du médecin pour tous les habitants d’Akfadou, ces montagnes qui venaient de sortir d’une terrible guerre de libération.
Tu aurais pu rester à Paris où tu t’es engagé, parmi d’autres camarades, dans la lutte pour la dignité dans ta patrie mais tu as préféré revenir chez toi, où tu as épousé, ta cousine, Lâaldja, ma défunte mère, paix à son âme, le 18 août 1962.
Ton mariage a duré plus 60 ans avec ma mère Lâaldja, paix à son âme, qui a transmis avec brio l'humanisme et la bonté à ses enfants.
Cher père, je t’exprime, ici, publiquement, ma gratitude pour tout ce que tu as fait pour nous : tu t’es sacrifié pour nous donner, chaque jour, le meilleur. J’ai eu comme mes frères et sœurs une instruction, un parcours scolaire soutenu grâce à ton investissement total.
Sur les hauteurs du bonheur, tu as été le premier à mettre sur place une bibliothèque ; je me souviens encore du jour de l’installation de cette bibliothèque dans notre salon.
Cette bibliothèque et les contes de ma mère, paix à son âme, m'ont poussé vers les rivages de l'imaginaire, de la poésie : c'est de là que vient mon désir d'écrire des livres.
Tu as été également été le premier à acheter un téléviseur, dans toute la commune ; cette petite lucarne ouverte sur le monde nous a permis de comprendre tant de choses.
Je me souviens des efforts colossaux que tu faisais pour aller, vingt kilomètres plus loin, charger la batterie avec laquelle fonctionnait cette télévision, car nous n’avions pas encore l’électricité.
Lorsque j’étais interne au CNET de Sidi-Aich, tu me rendais visite chaque mercredi : tu discutais avec moi, de tout, de mes études, tu savais me conseiller, m’éviter les pièges. Lorsque tu repartais à la maison et que je restais à l’internat, tes paroles revenaient vers moi dès la tombée de la nuit ; au dortoir, je méditais tes propos et je me disais avant de dormir qu’il fallait que sois digne de tous tes sacrifices.
Bien des années plus tard, dans mon exil amer, tes paroles m’accompagnent toujours dans les rues de Paris. Ta voix, ton sourire, ta sérénité, ta sagesse, ta correction, ton courage me prennent par la main et me guident encore chaque jour
 
 
nes
 
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